Bault, dans la famille des monstres je demande 20g


Après quelques semaines de résidence à Haïti, l’artiste Bault revient en France plus inspiré que jamais par cette culture empreinte de rituels, de masques et de totems. L’artiste nous présente à l’occasion de son exposition à la galerie Artistik Rezo toute une nouvelle série de personnages. Entre monstres, masques et totems nous sommes plongés dans un univers chamanique et mystérieux.

Il présente ici toute une série de techniques. Ce qu’il aime c’est explorer, gratter, récupérer et donner une nouvelle vie aux objets.

Un triptyque nous présente trois monstres. La technique est bluffante. L’artiste appose plusieurs couches de peintures sur une toile et vient gratter la peinture afin d’obtenir la couleur sur sa toile. Il utilise des clous pour gratter. Cela nous ramène quasiment à un âge préhistorique. L’artiste inscrit durablement sa trace, un peu comme une topographie. Le résidu de toile gratté est pesé et exposé devant les toiles. Le grammage de la récolte donne le nom à sa toile.

17g

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Une grande toile panoramique nous présente une autre technique : il mélange encre de chine, bombe, crayon, encre de tatouage... puis il vient gratter toute la toile.

Nous trouvons également un grand tableau en hauteur qui nous fait penser à un totem : mi-cheval, mi-homme.

Une autre installation nous présente toute une composition de petits tableaux. Il s’agit de monstres créés à partir d’objets de récupération. Nous trouvons en guise de nez un harmonica, un crayon, les outils de travail de l’artiste… Bault aime récupérer dans la rue ses futurs outils de travail. Il donne une autre fonction à l’objet initial qui devient lui-même une oeuvre.

Dans les communautés haïtiennes, la coutume veut que l’on offre un masque au fils aîné. ici l’artiste nous présente sa version à lui du masque.

Une autre série présente des dessins, dont des collages en volumes. Ces collages sont faits de l’association de plusieurs dessins de l’artiste qu’il a déchirés puis assemblés. Il aime jouer avec les niveaux, sortir du cadre et aller vers la personne qui le regarde.

L’univers de l’artiste a toujours été peuplé par les monstres. Ici ils prennent une dimension symbolique empreints de culture haïtienne.

Ci-dessous deux tableaux de son univers précédent.

La vache a quelque chose de monstrueux : son pied est mutilé, il lui manque une jambe. Elle se transforme en baleine dans un univers lui aussi mutilé et surréaliste.

L’artiste à cette époque avait fait tout un travail sur la métamorphose, le voyage et la migration également évoqué dans l'homme qui marche.

Migration

Une belle découverte dans cette galerie, une série de monstres au pastel aquarellisé dans un style naïf et épuré.

L’artiste nous offre ici ses propres contradictions, entre monstruosité expansive et gentillesse timide, entre univers enfantin et culture chamanique, entre couleurs éclatantes et obscurité du monstre.

Nous ressortons de cette exposition avec la sensation d’avoir quelque chose en plus. Une fois la porte refermée, nous avons l’impression d’un manque. Ces petits monstres nous auraient-ils transmis un message, une culture, une philosophie qui nous manquent tant dans nos modes de vies aujourd’hui?

Les oeuvres de l’artiste produisent en effet une véritable force d’attraction qui se dégage des compositions, des oeuvres elles-mêmes et de leurs contradictions.

Merci à la galerie Artistik Rezo pour son accueil chaleureux et la visite guidée. Contrairement à ce que son nom indique Artistik Rezo n'est pas une galerie en tant que telle. Il s'agit d'une association et les oeuvres des artistes restent ainsi à un prix accessible. Cette notion est très importante pour l'artiste Bault.

Léa Perrot-Minot

#reportages #bault #galerieartistikrezo

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