Sifat, entre tradition et modernité

« Un langage universel, qu’est-ce que c’est? Le mien je le cherche, une lettre déformée, transformée renaît. » SIFAT

Cette artiste originaire du Bengladesh cherche à nous transmettre son langage, entre tradition et modernité. Elle s’inspire de l’alphabet Bengali, des formes et couleurs des peintures traditionnelles.

Son trait peut nous livrer une écriture automatique presque brute mais aussi des idéogrammes ou des symboles. Elle aime à la fois le côté très brut de son travail et aussi le côté très structuré. Souvent nous retrouvons cette ambivalence dans ses oeuvres où les deux lectures se superposent.

Ses symboles sont nourris par des formes très primitives. « Il arrive qu’un trait puisse m’égarer et m’ouvrir un imaginaire où les roues avec des traits rayonnants deviennent un soleil, une simple croix peut symboliser une étoile. Des montagnes naissent sur les pics et les nuages sortent de formes allongées et géométriques. » Sifat explique également être très influencée par le végétal et son arborescence. Elle s’inspire de paysages et une colline peut être suggérée par une simple courbe. Beaucoup de formes arrondies sont récurrentes dans ses oeuvres. Sifat explique « J’ai beaucoup peint au sol et j’ai remarqué qu’il en ressortait des formes plus rondes. »

Cela nous fait penser aux alponas peintes sur le sol pour les fêtes traditionnelles Bengali. Sifat parle de cette corrélation dans les couleurs vives : jaune, bleu, vert. « Je rajoute des couches plus modernes avec des couleurs fluos. je veux retrouver quelques codes mais je veux garder ma personnalité dans tout ça. » confie l’artiste.

Car Sifat a une personnalité bien à elle. Toutes les couleurs qu’elle utilise sont synonymes d’énergie, de joie de vivre, de rêverie, de voyage.

Cette joie de vivre semble vouloir nous guider dans un imaginaire que ni l’artiste ni le spectateur ne semblent maitriser. Pour Sifat « L’histoire se construit au fur et à mesure » et elle semble nous emmener dans son propre voyage. « chacun doit s’approprier l’oeuvre et faire son cheminement. » nous confie-t-elle. laisser le champ à l’infini c’est aussi ne pas se fixer de règles «L’instant, retrouver la fluidité, la spontanéité du trait, le temps d’une expiration et faire naître une harmonie. »

Mais nous livre-t-elle pour autant tout son imaginaire? Elle raconte « Je dis ce qui se passe, je raconte, je me raconte une histoire et je la camoufle. Je ne veux pas que l’on sache ce que je dis. » Elle confie « On n’identifie plus forcément les lettres, je le faisais plus avant. » Mais que dissimule-t-elle?

Sifat m’a montré ses carnets de croquis mais elle m’a aussi dévoilé des carnets dans lesquels elle écrit ses pensées. Elle m’explique « j’écris beaucoup de petits textes en même temps que mes oeuvres. C’est là où je m’exprime le plus. J’ai beaucoup plus de mal à m’exprimer verbalement qu’à écrire. » Ne retrouvons-nous pas dans ses oeuvres ce langage sous-jacent ?

Elle a exposé à la galerie Art Bref en mai dernier et ce fût une vraie réussite. Elle est extrêment sollicitée pour des projets publics ou privés. Mais avant tout elle choisit ses causes comme participer à un atelier peinture avec des orphelins au Bengladesh ou animer des ateliers pour enfants.

Cette artiste joyeuse et engagée au servie de son art et de son partage n'a pas finit de nous étonner.

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Léa Perrot-Minot


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