JM Robert, les ruines du temps

Qu'est-ce que le passage du temps? Que reste-il de notre présence dans un lieu? Quelle trace laissons-nous? Ce sont ces questions que l'artiste JM Robert soulèvent dans ses oeuvres. Parfois il n'y a presque plus de trace, que des ruines à l'image des installations de l'artiste Palmyre, Homs et Alep créées il y a 6 mois.

JM Robert peint des portraits de femmes qui semblent s’échapper d’un décor en décrépitude, chaotique mais dont les couleurs le rende harmonieux.

Comme les témoins du temps qui passe, ces femmes nous invitent à la réflexion d’une antériorité ou d’un devenir. L’artiste travaille par strates, superpositions de couleurs et de supports pour renforcer ce passage du temps.

un regard sur les femmes

JM Robert ne peint que des inconnues. Il choisit un visage, une expression, une posture qui peuvent raconter une histoire. Il y a des regards tristes, joyeux, parfois lointains. Mais dans tous les cas ces visages sont l’espoir de quelque chose, d’une trace de vie dans un décor chaotique.

Elles semblent parfois se noyer dans le décor ou vouloir s’en échapper. En tout cas ce sont des survivantes. Elles sont les témoins d’une vie antérieure. Le décor est peut-être effacé, en ruine, en décrépitude mais elles sont toujours là.

Fragments de murs

Son travail sur la matière est directement influencé par son parcours. Diplômé de l’école des Beaux Arts de Paris, il s’est d’abord dirigé vers la décoration et la création de décors peints avec des faux marbres, des faux bois. C’est donc tout naturellement que nous retrouvons ce travail dans ses oeuvres. C’est ensuite qu’il a réussit à lui donner un sens, a en faire la métaphore du temps qui passe.

JM Robert essaie en effet de donner un côté usé par le temps à ses toiles. Il s’emploie à travailler sur les strates qui se superposent et qui parfois s’effacent. Le travail sur la matière est ainsi au coeur de l’oeuvre de l’artiste. Ses toiles sont comme des parois que l’on aurait pu découper dans la rue.

On n’est pas surpris de trouver dans ses installations des ruines de murs, du crépis, des collages d’éléments urbains. C’est donc tout naturellement qu’il s’est tourné vers le graffiti à un moment de son parcours et a trouvé pour ses oeuvres une résonance dans les installations urbaines.

Le dialogue avec le graffiti

Les installations de JM Robert ont une légitimité dans la rue. Initié aux techniques du collage, il s’est mis à coller dans la rue. Le mur qu’il cherche à représenter en atelier devient réel et il cherche toujours le bon support qui fera écho à son travail.

Au-delà du décor, il s’est beaucoup inspiré du graffiti dans l’utilisation des couleurs. Souvent classé dans la catégorie pop art par l’utilisation de couleurs vives, il a traversé les styles pour créer un personnage intemporel.

JM Robert ne revendique aucune étiquette, il cherche à traverser les courants artistiques et les époques. Ses oeuvres sont comme des empreintes, des souvenirs, parfois des songes. Elles expriment la vie qui passe et les ruines du temps.

Sa prochaine exposition commence le 17 novembre à la galerie SBK à Lyon, la ville où il habite.

Léa Perrot-Minot


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