ALEXONE nous livre un poulet déguisé en pingouin

Quelle est le point commun entre les personnages des dessins animés Tex Avery et les tableaux ottomans? A priori pas grand chose, sauf dans l'oeil de l'artiste Alexone. Les batailles ottomanes avec l'accumulation de cavaliers, d'animaux parfois peintes d'une manière naive et presque graphique. L’artiste reprend cette composition et joue sur le mélange des genres avec son pingouin étiré à la manière des Tex Avery.

Il faut rire de tout. Pouvons-nous rire de tout? Comment dépeindre la réalité quand celle-ci est sombre? Alexone nous confie sa recette : rire de tout avec un medium qui fait rire (un pingouin) et mieux vaut rire de ce qui ne l'est pas.

Comment en es-tu arrivé à dessiner des pingouins?

"Je suis devenu artiste dans mon atelier sans que je m’en rende compte. être artiste je ne savais pas ce que c’était. J’ai commencé dans les années 90s à graffer, c’était dans l’air du temps. ça a été mon école.

Mais très vite j’ai peint mes premières toiles. Je suis parti à Bruxelles pour avoir un atelier. C’était la vie de bohème mais c’est là que tout a commencé.

Finalement j’ai découvert ce que c’était d’être artiste : c’est donner énormément mais il faut que ça soit vrai. Sinon tu donnes aux gens ce qu’ils veulent et tu fais du graphisme. Moi je me permets de dire ce que je pense. Faire des pingouins c’est débile mais je ne m’empêche pas de les dessiner, moi ça me fait rire."

Pourquoi cet univers fantastique ?

"Mon univers est complètement fantastique, irréel, surréaliste. Je ne cherche pas à dépeindre la réalité, sinon elle est trop dure.

Comme La Fontaine utilisait des animaux pour dépeindre les hommes, moi j’utilise un poulet, enfin un coq français. C’est même un pingouin déguisé en poulet. On le retrouve dans mes premières toiles. Il a beaucoup évolué mais est toujours resté le même.

Si on peint la vraie réalité ça devient un peu trop violent. J’aime beaucoup rire mais des fois le rire est un peu dur mais il vaut mieux en rire. Du coup je dessine des pingouins. J’aime le mélange des genres."

Quelles sont tes influences?

"Elles sont multiples, les dessins animés, la publicité... en fait j’intègre des choses malgré moi.

Quand j’étais petit je regardais les Tex avery. Et je me suis rendu compte récemment que mes personnages étaient « tex averiens » avec des bras étirés.

Une fois je suis tombé sur des peintures ottomanes qui représentaient des batailles avec des animaux, des chevaux, des cavaliers, des turbans et des fonds or. Tout cela était dessiné presque naïvement, assez graphique.

Quand je trouve des choses cool je les intègre, quand je ne les connais pas, je kiffe encore plus."

J'ai passé deux jours avec l'artiste sur la réalisation d'une fresque en intérieur pour une entreprise. Et j'en ressort bluffée. Cette artiste comme son art est bien à part. Une auto-dérision incroyable, un je m'en foutisme du regard des autres, une capaticité incroyable à dire ce qu'il pense.

Déroutant au début mais expérience authentique assurée, du style : "Je peins des pingouins, je sais c'est débile mais ça me fait rire."

Ci-dessous la photo de la fresque réalisée pour l'entreprise SoSAV, spécialisée dans la réparation de smartphones. L'artiste a illustré cet univers de marque dns un style bien à lui.

Léa Perrot-Minot


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